Ma passion de l'Afrique et mes livres

Le coeur des hommes J'ai souligné la création d'un musée que j'ai mené en République Centrafricaine par la rédaction de trois livres sur l'ethnie Gbaya. Ce triptyque appelé “AKOTARA” est l'outil que j'ai mis en œuvre pour étudier l'évolution des sociétés du nord-ouest de la République Centrafricaine, illustrer la scénarisation de la collection, et restituer une tradition orale.

Le premier tome “Le cœur des hommes” est un aperçu de la vie socioculturelle des Gbayas. Ce livre présente le Gbaya en tant qu'élément d'une société globale caractérisée par des catégories, entre autres, d'âges, de structures de parenté et de réseaux d'alliances. Il nous apprend également à percevoir les croyances religieuses qui prédominent dans cette région. En effet, pour tout noir africain la croyance est une perception naturelle Da ti Akotaradont la sorcellerie est une composante intrinsèque. Il s'agit d'une véritable étude identitaire qui nous permet d'approcher ces peuples qui m'ont accueilli.

La seconde partie “Da ti AKOTARA” présente l'histoire matérielle de ce patrimoine. Il fallait en effet pouvoir scénariser ce dernier, et mettre en adéquation l'utilité de chaque objet avec le mode de vie de cette ethnie. Cette nouvelle exposition qui a été inaugurée le 7 juin 2012 a été implantée dans un bâtiment consacré exclusivement à cette collection.

Mais l'identité que nous avons tenté de comprendre dans la première partie « Le cœur des hommes » a été bouleversée notamment par les traites négrières organisées, entre autres, par les Foulbés voisins directs de leurs territoires, Tengbi ti Abakoro-Zoet par le partage du continent africain signé lors de la conférence de Berlin qui eut lieu de novembre 1884 à février 1885. C'est cet événement qui sera d'ailleurs le point de départ de la colonisation du continent. Ce sont tous ces éléments qui sont abordés dans la dernière partie du triptyque, intitulée “L'Histoire Officieuse ou Tengbi Ti Abakoro-Zo”.

Cette Histoire Officieuse se déroule sur la période couvrant la fin du 19e siècle et la moitié du 20e. Inconnue du public, elle est la transcription des nombreuses interviews des anciens qui participèrent ou subirent les événements que nous transcrivons. “Tengbi Ti Abakoro-Zo” signifie d'ailleurs « Rencontre avec les anciens ». Ces récits illustrent la façon dont la tradition orale peut contribuer à l'enrichissement de l'Histoire.

© 2017 · Alain DEGRAS· Emailenvoyer un courriel